Grenoble et ses Jeux olympiques

6 février 1968. Alain Calmat gravit les marches qui le séparent de la vasque olympique alors que les battements de son cœur résonnent dans l’enceinte du stade olympique provisoire de Grenoble. Il lève le bras, se retourne vers la foule et la salue, puis embrase l’immense structure tubulaire qui portera la flamme olympique durant les 13 jours que durèrent les Jeux.

Aujourd’hui, Grenoble célèbre les 50 ans de ces Jeux. Et en grande pompe s’il vous plaît. De nombreuses manifestations se tiennent dans la ville depuis le début de l’année. Le point d’orgue des célébrations sera la célébration du retour des athlètes olympiques des Jeux de PyeongChang, organisée le lundi 26 février à l’Alpexpo de Grenoble.

Les places limitées pour assister à la cérémonie, la première de ce genre hors de Paris, se sont véritablement vendues comme des petits pains, preuve s’il en est que l’équipe de France fascine et déplace les foules. Il fallait en effet se ruer et être les premiers à se rendre dans les divers offices du tourisme de la Chartreuse pour espérer décrocher les fameux tickets. Beaucoup d’ailleurs en sont revenus bredouilles. Cette soirée fera l’objet d’un futur article, mais elle s’annonce déjà très spéciale vu l’engouement populaire auquel j’ai pu assister.

Le Discobole
La coupole, l’un des rares éléments restant de la vasque olympique, trône fièrement non loin des installations olympiques dans le centre même de Grenoble (Le Discobole).

Cette semaine qui se termine, qui est aussi la dernière des vacances ici en Isère, a permis l’organisation d’une grande manifestation qui s’est tenue dans l’enceinte du Palais des sports de Grenoble. Il recouvrait pour l’occasion sa fonction première de patinoire, fonction qui était la sienne lors des Jeux de 1968.

En marge de ces célébration, on trouvait l’une des nombreuses expositions d’objets de l’époque ainsi qu’une fan zone tenue par le CNOSF pendant toute la durée des Jeux de PyeongChang pour encourager les athlètes et faire la part belle aux partenaires et sponsors du Comité olympique français. Là encore, la population locale s’est déplacée en nombre, puisque ce sont plus de 1500 personnes qui s’y rendirent hier, le dernier jour de son ouverture.

Le Discobole
Signalétique de l’exposition Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère devant l’entrée du musée dauphinois (Le Discobole).

Le musée dauphinois accueille en outre et jusqu’au 7 janvier 2019 une superbe exposition retraçant l’histoire des Jeux de 1968, de la phase de candidature à la clôture des Jeux, en passant par le graphisme et l’héritage laissé à Grenoble et sa région. Exposition que je vous conseille vivement de visiter, d’autant qu’elle est gratuite. L’héritage des Jeux, justement, est complexe. Grenoble voulait faire de ses Jeux un opportunité de montrer au monde son dynamisme exceptionnel. Le miracle grenoblois des années 1950 et 1960 ne pouvait se conclure que par les Jeux. Il fallait donc voir les choses en grand.

Trop grand peut être. Plusieurs installations sont dégradées, ont perdu leur vocation première voire se détériorent sans que rien ne soit fait pour les entretenir à cause des coûts de maintenance. La France a elle aussi ses éléphant blanc, ces constructions coûteuse et inutilisées car trop chère à maintenir en activité ou en état de fonctionnement en respectant les normes de sécurité.

Alors que penser du cinquantenaire à Grenoble ? Difficile de juger pour le moment. La population est là, les anciens se souviennent et les jeunes découvrent cette histoire singulière d’une ville d’Isère devenue centre du monde pendant 13 jours. Mais il reste comme un coût d’inachevé à Grenoble. Les problématiques qui se posent dans la ville dépassent de loin l’héritage des Jeux, mais elles sont là. En attendant, Grenoble renoue avec son passé et son histoire olympique.

Crédits photo en-tête : Le Discobole